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Arte consacre un documentaire à la bisexualité
Arte va diffuser un documentaire exceptionnel sur la bisexualité, le 18 décembre http://www.arte.tv/fr/semaine/244,broadcastingNum=962058,day=6,week=51,year=2008.html
Témoignages bisexualité

Nadia, 40 ans , dessinatrice industrielle
A 40 ans, ton désir pour les hommes s’est transformé en désir d’une femme. Penses-tu qu’il deviendra réalité ou restera t-il un fantasme ?
- C’est compliqué, j’ai le sentiment que mon choix est plutôt intellectuel. C’est difficile d’entrer dans la réalité. Avec les femmes que j’ai rencontrées, l’émotion n’était pas au rendez-vous. Je tombe toujours amoureuse de personnes inaccessibles. Avant, c’étaient des hommes un peu voyous que je croisais dans la rue, maintenant c’est l’image d’une femme un peu garçon, comme l’actrice de « Boys don’t cry » qui est le centre de mes fantasmes. Je dirais plutôt fantasme. (rires).
Comment ce fantasme est-il apparu dans ton imaginaire ?
Je vivais avec un garçon que j’aimais mais qui ne me satisfaisait pas sexuellement. J’ai envisagé de le tromper, et j’avais l’impression qu’avec une femme, ce serait moins grave.
Quelle enfant étais-tu ?
Jusqu’à 15 ans, je me trouvais maigre et moche. J’étais un vrai garçon manqué, toujours en opposition avec ma sœur que tous s’accordaient à trouver très belle. J’aimais jouer au papa et à la maman avec ma copine Catherine, qui mettait du coton dans sa culotte ! Quand j’en parle, je me souviens aussi d’avoir été troublée par un trou dans le bas de son pyjama, entre ses jambes. C’est la première fois que je pousse l’analyse…Vers 18 ans j’ai fait la connaissance d’une danseuse, nous sommes devenues amies. Elle dormait souvent à la maison. Elle était un peu plus jeune que moi, je l’ai désirée…Je ne lui ai jamais dit.
Quelle a été ta première histoire d’amour ?
Je ne sais pas, je ne sais plus…J’étais très timide, je le suis toujours…Quand le vilain petit canard que j’étais s’est transformé, les garçons venaient vers moi et je les ai aimé, comme ça.
Jusqu’à aujourd’hui, quelles ont été tes expériences réelles avec les femmes ?
J’ai rencontré une femme sur internet. Elle s’est enflammé trop vite. Je me suis laissé embrasser…quand même ! Mais, comme je l’ai dit plus haut, l’émotion n’était pas au rendez-vous…Je ne désespère pas.
Comment imagines-tu la suite ?
Si le désir est là, c’est moi qui ferai l’effort de séduire …Je crois que je suis prête. J’ai envie de découvrir le plaisir, j’ai envie de jouir, et mon intime conviction m’a toujours laissé penser que j’étais différente. Mon look décalé est le reflet de cette différence et, à 40 ans, je pense qu’il est temps que je l’assume…
Dirais-tu de toi que tu es bisexuelle ?
Je ne pose pas la question en ces termes. J’attends, j’espère rencontrer l’âme sœur, la complicité, et découvrir les joies d’une sexualité empreinte de la douceur d’un corps féminin. J’ai toujours regardé les femmes et pourtant, ce sont des hommes qui m’ont fait l’amour…Alors homo, hétéro, bi…je ne sais pas ! C’est trop tôt pour se prononcer, ou trop tard ?
A 40 ans, ton désir pour les hommes s’est transformé en désir d’une femme. Penses-tu qu’il deviendra réalité ou restera t-il un fantasme ?
- C’est compliqué, j’ai le sentiment que mon choix est plutôt intellectuel. C’est difficile d’entrer dans la réalité. Avec les femmes que j’ai rencontrées, l’émotion n’était pas au rendez-vous. Je tombe toujours amoureuse de personnes inaccessibles. Avant, c’étaient des hommes un peu voyous que je croisais dans la rue, maintenant c’est l’image d’une femme un peu garçon, comme l’actrice de « Boys don’t cry » qui est le centre de mes fantasmes. Je dirais plutôt fantasme. (rires).
Comment ce fantasme est-il apparu dans ton imaginaire ?
Je vivais avec un garçon que j’aimais mais qui ne me satisfaisait pas sexuellement. J’ai envisagé de le tromper, et j’avais l’impression qu’avec une femme, ce serait moins grave.
Quelle enfant étais-tu ?
Jusqu’à 15 ans, je me trouvais maigre et moche. J’étais un vrai garçon manqué, toujours en opposition avec ma sœur que tous s’accordaient à trouver très belle. J’aimais jouer au papa et à la maman avec ma copine Catherine, qui mettait du coton dans sa culotte ! Quand j’en parle, je me souviens aussi d’avoir été troublée par un trou dans le bas de son pyjama, entre ses jambes. C’est la première fois que je pousse l’analyse…Vers 18 ans j’ai fait la connaissance d’une danseuse, nous sommes devenues amies. Elle dormait souvent à la maison. Elle était un peu plus jeune que moi, je l’ai désirée…Je ne lui ai jamais dit.
Quelle a été ta première histoire d’amour ?
Je ne sais pas, je ne sais plus…J’étais très timide, je le suis toujours…Quand le vilain petit canard que j’étais s’est transformé, les garçons venaient vers moi et je les ai aimé, comme ça.
Jusqu’à aujourd’hui, quelles ont été tes expériences réelles avec les femmes ?
J’ai rencontré une femme sur internet. Elle s’est enflammé trop vite. Je me suis laissé embrasser…quand même ! Mais, comme je l’ai dit plus haut, l’émotion n’était pas au rendez-vous…Je ne désespère pas.
Comment imagines-tu la suite ?
Si le désir est là, c’est moi qui ferai l’effort de séduire …Je crois que je suis prête. J’ai envie de découvrir le plaisir, j’ai envie de jouir, et mon intime conviction m’a toujours laissé penser que j’étais différente. Mon look décalé est le reflet de cette différence et, à 40 ans, je pense qu’il est temps que je l’assume…
Dirais-tu de toi que tu es bisexuelle ?
Je ne pose pas la question en ces termes. J’attends, j’espère rencontrer l’âme sœur, la complicité, et découvrir les joies d’une sexualité empreinte de la douceur d’un corps féminin. J’ai toujours regardé les femmes et pourtant, ce sont des hommes qui m’ont fait l’amour…Alors homo, hétéro, bi…je ne sais pas ! C’est trop tôt pour se prononcer, ou trop tard ?
Alexandra, 37 ans, informaticienne
Déjà, avant d’avoir connu l’amour avec une femme je n’aimais pas me dire hétéro. J’avais l’impression de m’enfermer dans un univers qui ne me convenait pas vraiment, ou du moins qui ne reflétait pas TOUT ce que je suis. Et puis je me suis toujours sentie très proche des homos, plus que de la plupart des hétéros, surtout du côté des filles. Ceci dit, j’étais sexuellement très bien avec les mecs et je ne pensais pas pouvoir être attirée par une femme, malgré l’affection ambiguë que je vouais à certaines de mes amies.
Et puis j’ai rencontré Mitch. L’attirance s’est faite presque immédiatement et lorsque j’ai réalisé que j’avais envie de la sentir contre moi, l’embrasser, la toucher, je suis allée vers elle tout naturellement. Mes lèvres et mes mains ont trouvé leur place sur son corps comme une évidence inscrite depuis longtemps en moi, et que j’étais seule à ne pas voir.
Aujourd’hui je peux dire que je suis « bi » car je sais que je peux désirer et aimer une femme comme un homme. Je ne le ressens pas comme les préjugés des homos sur les bi : une incapacité à choisir, une tromperie où l’on serait amoureusement hétéro et sexuellement homo, ou le contraire, au risque de faire souffrir les deux parties… J’aime Mitch entièrement, son âme, son cœur, son corps, pas spécifiquement parce qu’elle est femme, mais parce que c’est ELLE. De même, je ne suis pas attirée par tous les hommes, mais uniquement par ceux qui m’émeuvent, lorsqu’il y a une véritable rencontre. J’aime le féminin chez l’Homme et le masculin chez la Femme. J’aime quand les identités individuelles s’affranchissent pleinement des caractéristiques obligées « fille » ou « garçon ». Je suis Bi parce que je n’aime pas UN sexe, mais DES individus. « bi proud of who you love », son sexe importe peu…
Dossier bisexualité

BI MY BABY
Que je vous introduise :
J’en connais qui vont lever les yeux au ciel en se demandant s’il est bien utile d’aborder un tel sujet, puisque les bisexuels semblent ne pas avoir d’existence propre dans notre société. C’est bien là, justement, tout le paradoxe et tout l’intérêt de cette question.
Alors, les bisexuels existent-ils ? Ou ne sont-ils qu’une chimère, une incroyable mystification issue de la fantaisie libertine d’oiseaux de nuit désoeuvrés ?
La question n’est pas si simple à résoudre, car la terminologie paraît déjà trop réductrice pour contenir toutes les nuances de cette relation si spécifique. Il en serait de même d’ailleurs pour la multiplicité des conduites sociales et des comportements sexuels liés à l’homosexualité et à l’hétérosexualité. Toutefois, sexologues, psychiatres, psychanalystes, philosophes, historiens et socio-anthropologues se sont penchés suffisamment longtemps sur les comportements humains pour en tirer quelques enseignements. Les hypothèses qui en ont été élaborées permettent aujourd’hui de confortables classifications catégorielles. La bisexualité existe en tant que sensibilité particulière et n’a rien à voir avec certains comportements hérités de l’échangisme ou de toute autre fantaisie érotico-libertine. Alors la méfiance, la désapprobation, le scepticisme, ou même la biphobie n’ont pas plus de raison d’être que la stigmatisation de l’homosexualité.
Que je vous introduise :
J’en connais qui vont lever les yeux au ciel en se demandant s’il est bien utile d’aborder un tel sujet, puisque les bisexuels semblent ne pas avoir d’existence propre dans notre société. C’est bien là, justement, tout le paradoxe et tout l’intérêt de cette question.
Alors, les bisexuels existent-ils ? Ou ne sont-ils qu’une chimère, une incroyable mystification issue de la fantaisie libertine d’oiseaux de nuit désoeuvrés ?
La question n’est pas si simple à résoudre, car la terminologie paraît déjà trop réductrice pour contenir toutes les nuances de cette relation si spécifique. Il en serait de même d’ailleurs pour la multiplicité des conduites sociales et des comportements sexuels liés à l’homosexualité et à l’hétérosexualité. Toutefois, sexologues, psychiatres, psychanalystes, philosophes, historiens et socio-anthropologues se sont penchés suffisamment longtemps sur les comportements humains pour en tirer quelques enseignements. Les hypothèses qui en ont été élaborées permettent aujourd’hui de confortables classifications catégorielles. La bisexualité existe en tant que sensibilité particulière et n’a rien à voir avec certains comportements hérités de l’échangisme ou de toute autre fantaisie érotico-libertine. Alors la méfiance, la désapprobation, le scepticisme, ou même la biphobie n’ont pas plus de raison d’être que la stigmatisation de l’homosexualité.
Dis-moi avec qui tu baises, je te dirai qui tu es !
Lorsque la sexualité fait l’identité, il est facile de mettre tout un chacun dans des cases bien étiquetées. Mais lorsque la libido s’ingénie à brouiller les pistes, le trouble est semé.
Les bisexuels souffrent en premier lieu d’un manque de visibilité chronique ; les hétéros sont facilement reconnaissables, ils sont la norme dans notre monde judéo-chrétien, mais aussi dans les autres civilisations, car ils portent également les fondements de la fonction biologique de base : la reproduction. Les homos aussi peuvent se reconnaître facilement, pour peu qu’ils assument. Deux femmes ou deux hommes qui s’embrassent, qui se tiennent la main ou qui se caressent : cela se remarque. Mais comment reconnaître un bisexuel ? S’il est avec quelqu’un de son sexe, c’est un homo, s’il est avec quelqu’un du sexe opposé, c’est un hétéro.
De là à croire qu’il n’existe que cette alternative, il n’y a qu’un pas que ces deux communautés franchissent allégrement : pour les hétéros, un bi n’est qu’un homosexuel refoulé. Pour les homos, il s’agit d’un hétéro en mal de sensations fortes. Chacun d’en conclure de manière péremptoire que les bisexuels, en fait, n’existent pas !
Cette généralité, comme toutes ses copines, doit être nuancée. Car certains hétéros et certains homos « reconnaissent » que la bisexualité existe. Mais ça les énerve ! On ne sait plus qui est qui, qui est amoureux de qui, qui pourrait coucher avec qui…
La bisexualité devient donc une « formidable fouteuse de merde, une délatrice de l’invisible » comme le souligne Catherine Deschamps, éminente spécialiste dans ce domaine (voir article page. ???).
De l’introspection affective des bisexuel(le)s :
Comparativement à la reconnaissance de l’homosexualité dans l’histoire de l’humanité, la bisexualité n’a fait son apparition que très tardivement. Elle a connu des heures de gloire dans l’Antiquité, essentiellement chez les hommes, puis des heures plus douloureuses avec l’avènement de la Chrétienté.
Sans revenir dans le détail sur les soubresauts de l’identité homosexuelle, on voit qu’il en sera toujours fait mention, soit pour la glorifier, soit pour la stigmatiser. Pour l’hétérosexuel, c’est plus simple, puisque sa pratique, ne souffre d’aucune contestation (un hétérosexuel n’a pas besoin de faire son « coming-out ») et s’érige en norme, celle de la reproduction de la sacro-sainte famille. Pour le bisexuel, rien n’est simple. Il y a souvent confusion entre l’affirmation d’une bisexualité assumée et l’hésitation d’une « bisexualité psychique » de type freudien, restée scotchée dans une libido évanescente. Un bi n’est ni un homo, ni un hétéro. Mais il emprunte aux deux engeances, comme s’il voulait prendre la meilleure partie possible de l’être. Son particularisme semble puiser sa force psychique et sa dynamique dans une sorte de métasexualité, où l’émotion jouerait un
rôle central de régulateur affectif. En fait, le bisexuel ne se laisserait guider que par des émotions fortes, qui pourraient être indifféremment épanchées par une satisfaction affective, psychologique et sexuelle, auprès d’un partenaire répondant, au moins ponctuellement, à son désir profond.
To BI or not to BI ?
Le postulat de l’existence des bisexuels n’a pu se poser qu’en termes historiques et politiques, puisque la question principale a toujours été celle de l’identité. Jusqu’à tout récemment, la bisexualité était « intégrée » à l’homosexualité. « Les écarts » de pratique n’étaient pas tolérés, surtout chez les lesbiennes féministes. Il n’était pas rare de voir dans les annonces spécialisées « bi s’abstenir ». Cet ostracisme peu glorieux a encore des adeptes. Mais les bisexuels ont gagné la première bataille d’un long combat (qui les fera sortir de l’ère du soupçon permanent) vers la construction d’un mouvement identitaire, indispensable à la compréhension humaniste de l’affectivité complexe de l’être humain.
Oui, les bisexuels existent, je les ai rencontrés
Je ne remercie pas l’association « Bi’cause » que nous avons contactée par mail, par téléphone et par courrier, pour une interview et qui ne nous a jamais répondu.
Vous avez dit « visibilité » ?
Dom’
A lire : « Bisexualité : le dernier tabou » Rommel Mendès-Leite Ed. Calmann-Lévy 1996 -17 €-
L’auteur nous amène directement sur un terrain miné et nous annonce d’emblée la complexité du phénomène. Cette étude entrevoit l’ambiguïté des rapports qu’entretient la bisexualité avec la prise de conscience, la prévention et la lutte contre le sida.
Comment intervenir efficacement, comment faire en sorte que chacun se sente concerné par cette lutte, dès lors que certaines pratiques bisexuelles restent clandestines, notamment dans le couple de base, noyau central d’une cellule familiale ordinaire et sans histoire apparente ?
Rommel Mendès-Leite analyse de nombreux témoignages, chez les bisexuels eux-mêmes, en cherchant d’abord ce qui constitue leur identité réelle à travers leur comportement régulier ou occasionnel. Il détaille aussi les témoignages des compagnes de ces hommes, pour situer la complexité des rapports interpersonnels, quand le silence s’installe comme un paravent de honte ou d’inconscience. Dans cette description de certains types de comportements, on souhaiterait aboutir à une définition compréhensible et admissible de la bisexualité. Mais, c’est sans compter sur la difficulté à établir un profil cohérent qui donnerait les indices majeurs de cette sexualité atypique. Dom’
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