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Lesbiennes d’Europe : qui couche, qui allume, et qui veut construire un couple ?

Si vous avez eu l’occasion de voyager un peu, vous vous êtes certainement rendu compte que les lesbiennes ont des approches différentes de l’amour et de la séduction selon leur pays et leur culture. Nous avons confronté différentes expériences de nos lectrices afin de vous livrer un portrait robot de chacune d’entre elles. Evidement pour la française se sont des étrangères qui s’y sont collées :

L’italienne : la Comedia dell’Arte
LA DRAGUE
Prometteuse et aguicheuse, elle n’a aucun complexe pour aborder l’inconnue.
Championne de la drague Bulldozer, gonflées à bloc, c’est la bouche en cul de poule et la main déjà plongée dans votre corsage qu’elle vous invite à passer une nuit avec elle qu’elle promet mémorable. Il n e lui faut pas plus de 5 mn pour décreter que vous êtes la femme de sa vie et que tout ce que vous avez vécu avant elle vaut pour des prunes

Le sexe
Le côté Comedia dell Arte est là aussi très présent, vous ne l’avez pas encore touchée qu’elle est déjà entrain de gémir. Elle tournoie, virevolte, ondule, se cambre à peine le seuil de la porte franchi. Une chorégraphie exagérée pour une partie de jambes en l’air qui s’avère la majorité du temps très académique voire décevante. Elle aime donner du plaisir à condition que ça ne lui coûte pas trop. Plus sprinteuse que marathonienne, si l’orgasme se fait attendre, elle n’hésitera pas à vous planter là pretextant un RDV hyper important avec maman qui pour le coup est souvent le seul véritable amour de leur vie.

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Amoureuse d'une hétéro

Ma meilleure amie a coutume de dire : il n’y a pas d’hétéros, il n’y a que des femmes mal draguées !
Il est important avant tout de distinguer serial fantasmeuses des autres. Ces fantasmeuses, spécialistes du serial coup de foudre ne poursuivent qu’un objectif : le fantasme ! La principale motivation de leur choix est justement l’ infaisabilité. Pour des raisons très personnelles comme le manque de confiance en soi, la détestation de son corps ou le rejet de sa propre sexualité, le choix d’un objet de son amour inaccessible constitue une façon de ne pas admettre ses propres difficultés.
Le reste des goudous qui tombent amoureuses d’une hétéro sont comme vous et moi … surtout comme vous. Une rencontre, un coup de foudre, un détail, on tombe amoureuse ! La constatation de l’hétérosexualité de l’autre intervient dans un second temps avec un question douloureuse : Suis-je dans une situation désespérée et puis-je décemment espérer qu’elle m’aime sachant qu’elle est attirée par les hommes ? Autrement dit : « vais-je me la faire ? » . Dans ce cas là , la réponse est simple : vous aime t-elle aussi ? Si c’est le cas, aucun obstacle ne résisterait à long terme. Bien sûr elle va tergiverser, bien sûr elle va être chamboulée, bien sûr elle va vous dire que c’est pas son truc, bien sûr elle ne sait pas comment gérer la chose auprès des siens. Si Amour il y a , concrétisation il y aura ! Les difficultés réelles ou imaginées seront vaincues par la suprématie du sentiment. Si elles ne sont pas vaincues, c’est qu’il ne s’agit pas d’amour.
Pour celles qui seraient tentées de juger cette contribution simpliste, je les invite à nous faire part de réflexions plus approfondies.
Rendez-vous ici même dans quelques jours pour votre leçon n°1 : Comment draguer une hétéro ?

Attirée par une femme

Attirée par une femme, vous ne savez pas ce qui vous arrive. Il n’ y a pas si longtemps, vous auriez mis une main à couper que jamais çela ne vous arriverait. Les filles, c’est pas votre truc. Pourtant avec elle c’est différent, ce n’est pas la fille qui vous attire, c’est la personne. Son caractère, son intelligence, son humeur et même sa beauté.
La dernière fois, quand vous avez ressenti ce pincement au cœur, que vous vous êtes surprise à fixer ses lèvres et vous imaginer en train de l’embrasser, ça vous donné le vertige. De toutes façon, ce n’est pas à l’ordre du jour. L’embrasser, à la limite, pourquoi pas. Mais sûrement pas faire l’amour avec elle. Comment deux femmes font l’amour ? Vous n’avez pas la moindre idée. Vous vous dites : « de toutes façons, je ne saurai pas. Coucher avec une femme pour la première fois, ça doit être terrible ! ». Comment la caresser, comment la faire jouir, vous n’en savez rien. Votre première expérience lesbienne ! Rien que d’y penser, ça vous fiche la trouille. Pourtant, vous n’arrêtez pas de penser à elle.
Seriez-vous amoureuse d’une femme ? Non, voyons, ça n’a pas de ses, vous n’êtes pas lesbienne. De toute façon, vous auriez trop peur de la décevoir. Mais elle, elle doit savoir. Des femmes, elle en une quelques unes, elle doit connaître les moindres secrets de la jouissance féminine. Vous aimez l’idée de plaire à une femme mais qu’une femme vous plaise ? Vous vous dites : « ah ! et si j’étais bi ? » Vous chassez cette idée saugrenue, de toutes façons, c’est elle qui vous plait. Mais qu’allez vous faire ? L’idée de laisser tomber et de vous barrer vous réjouit puis vous terrorise. Vous avez envie de vivre quelque chose avec elle, vous êtes séduite par cet inconnu, cette inconnue. Et même ! A supposer que vous couchiez avec elle, va t-elle rester avec vous. Après tout, c’est peut-être tout ce qu’elle veut ! La séduction, domaine d’excellence pour vous autrefois vous semble un terrain miné aujourd’hui. Allez-vous l’appeler ? Non, elle va se rendre compte de votre trouble. Le monde entier va se rendre compte que vous êtes troublée par une femme. Que faire ? Avez-vous seulement le choix ? Avez-vous envie de renoncer ? Vous le savez, vous avez horriblement envie d’elle !

Préparation diétetique de la goudou en rût

Vous n’êtes plus de toute première fraîcheur, vous venez de vous dégoter une minette dans le vivier foisonnant du forum internet et vous vous demandez comment ne pas vous ramasser la honte lors de votre premier rendez-vous. La future amante déroge par son profil atypique de votre consommation habituelle : jeune, svelte, sportive, endurante, aseptisée d’alcool et sevrée de nicotine. Un truc à éteindre définitivement l’ordinateur et dissimuler une tapette près du clavier. Mais, curieuse comme votre concierge et aventurière comme Helen, vous sentez bien le challenge se profiler à l’horizon : faire de votre carcasse usée, enrobée et intoxiquée, l’arme fatale de votre future conquête sexuelle.
La stratégie est basique : transformer un corps dénué de la moindre cellule saine en une armée de conquérantes. Puissantes, endurantes, elles amèneront chaque parcelle du corps de l’amante à la rédemption par l’extase. Le défi est à la hauteur de votre cellulite : indécent ! Le bourrelet, jadis discret, ne doit plus se répandre disgracieusement au-delà du tee-shirt. Le muscle, autrefois presque palpable, ne désertera plus son ancrage osseux. Vous décidez de ne pas mégoter sur les moyens et séquestrez pour l’occasion la nutritionniste de l’équipe du district : Ginette, affublée de sa compagne préparatrice physique, Josette.
Première phase : Ginette vous explique rapidement les deux principes fondamentaux régissant cette folle aventure : diminuer les apports caloriques et augmenter les dépenses énergétiques. Le message subliminal commence son travail de persuasion : manger moins, manger bien, dégraisser la couenne par un trémoussement physique adapté.
Ginette s’immisce dans votre frigo, déloge toute denrée apparentée à un plat cuisiné ou surgelé pour écarter tout risque d’intoxication. Ces aliments, aux origines souvent douteuses, entièrement dépourvus de minéraux et vitamines sont par ailleurs blindés de sodium. Valsent également charcuterie, pizzas, quiches, mayonnaise, viennoiseries, sauces…
Riches en acides gras saturés, les graisses animales ne constituent pas la meilleure source lipidique pourtant indispensable au bon fonctionnement de vos neurones sexuels (rôle primordial au niveau de la membrane cellulaire). De plus, associés à une dose massive de sucres à index glycémique élevé (viennoiseries, chocolatines, barres sucrées, etc), le stockage en réserve adipeuse est immédiat. Une fois le réfrigérateur peuplé seulement de quatre yaourts, Ginette tente une approche pédagogique de la stratégie d’élaboration des courses et des menus.
Ginette, sensible à votre désarroi et encore plus à votre charme, consent à vous éclairer concrètement sur un repas reproductible à long terme :
Le légume cuit (à la vapeur) vous apportera les protéines végétales, vitamines, minéraux et sucres dont votre corps ne saurait se dispenser pour son métabolisme de base qui actionnera les prémices de l’acte amoureux. Lorsque la petite jeune fera accélérer votre pompe cardiaque, pas de panique, le légume cru garantira à vos artères une protection accrue de risques thrombotiques, s’il est agrémenté en salade d’une huile riche en acide gras essentiels : AG poly-insaturés, oméga 6 (huile de pépin de raisin, noix), oméga 3 (huile de Colza, noix), AG mono-insaturés (huile d’olive).
La viande, indispensable source de protéines animales, permettra à votre charpente de ne pas s’écrouler à la première secousse orgasmique. Rouge, son fer vous épargnera une asthénie fort dommageable à cet instant, blanche, elle évitera une acidose génératrice de crampes inopportunes.
Le poisson apportera en bonus les acides gras essentiels au métabolisme cérébral condamné à fonctionner à 200% pour entrevoir le jardin sublime de l’extase charnelle.
Les féculents (pâtes, riz, pommes de terre, céréales) et légumes secs (lentilles, haricots secs, pois chiches, etc..) seront les alliés glucidiques indispensables à l’épuisement des réserves de votre future chérie. Leur index glycémique faible (les sucres lents) fournira à vos muscles érecteurs la longévité du plaisir. Contrairement à leurs confrères glucidiques simples (sucres rapides), ils vous épargneront une hypoglycémie réactionnelle à l’effort lubrique.
Ginette insiste sur les vertus des fibres alimentaires indispensables à la régulation du transit intestinal, même si la formation des résidus provoque quelques désagréments de fermentation. Votre stratégie alimentaire consistera à rendre cette phase inexistante de 20h à 6h la nuit du 25 juin.
Les produits laitiers contribueront à vous protéger d’une ostéoporose galopante par l’apport en calcium et fourniront les compléments vitaminiques aux fruits et légumes. Afin d’éviter cependant une surcharge en lipides, il vous faut envisager le remplacement progressif du fromage à pâte dure par son homologue frais remplis de flotte ou par un yaourt.
L’hydratation qui ne semblait pas être un souci majeur dans votre hygiène de vie nécessitera quelques adaptations : le jus de houblon troquera ses bulles contre celles de l’eau de source et les flavanoides du vin rouge seront dégustés avec plus de modération. En revanche, tous les sodas contenant de l’acide phosphorique seront exclus définitivement pour cause d’accélération excessive de la déminéralisation osseuse. Pas le moment de se péter le col du fémur lors de la prochaine copulation artistique.
En résumé, Ginette ne vous prescrit pas de régime particulier, vous conseille de varier les aliments en introduisant un de chaque famille au cours de tous les repas afin d’assurer les apports en minéraux, vitamines, fibres, glucides, lipides et protides.
Deuxième phase : augmenter les dépenses énergétiques. Josette, avec son corps sculpté dans un précis d’anatomie, hypertrophie les défauts du votre, dégoulinant d’adipocytes.
Quelques atouts esthétiques et fonctionnels viendraient en renfort de votre intelligence avérée.
La préparation physique ciblera donc une augmentation de la dépense énergétique afin de puiser dans les réserves lipidiques et faire de ces sacs pollueurs de vulgaires baudruches à jeter. Pour ce faire, le principe de base est simple, effectuer un exercice physique de faible intensité sur une longue durée. Marcher jusqu’à la boulangerie deux fois par jour correspond à votre définition mais pas à celle de Josette. Ses critères se définissent par la fréquence cardiaque qui doit être à environ 50% de la fréquence cardiaque maximale. Pour mesurer cette dernière, soit on fait appel à un cardiofréquencemètre, soit on fait dans la théorie (220 moins l’âge), soit on fait au feeling.
Cette dernière technique, peu coûteuse, a la mérite d’être suffisamment fiable. Il faut se situer à la limite de pouvoir tenir une conversation pendant toute la durée de l’effort. Au-delà, on entre dans la phase d’essoufflement qui oxydera davantage de glucides que de lipides (peu intéressant dans votre quête de vidange graisseuse). En-deçà, la dépense énergétique peu élevée s’avèrera inefficace dans la perte énergétique. Il s’agit bien entendu d’un principe applicable lors de l’entraînement et non pendant la course du samedi 25 juin. Lors de la conquête du sublime, la dégradation des glucides sera maximale car la fréquence cardiaque sera aussi maximale. Le choix de l’activité physique d’entraînement importe peu ; seuls comptent les processus énergétiques mis en jeu : course à pied, vélo, natation, roller, etc.
La durée de l’effort ne doit pas être inférieure à 30 minutes afin de déclencher les mécanismes oxydatifs des lipides. Enfin, la fréquence de l’entraînement doit être de 3 à 4 fois par semaine pour apporter un minimum de rentabilité et permettre aux processus d’adaptations physiologiques de s’enclencher.
Si dans quatre semaines, la petite jeune ne vous supplie pas de l’épargner d’un épuisement imminent face à votre fougue et endurance sexuelle indécentes pour votre âge, faites alors de Ginette et Josette les effigies du jeu de fléchettes du PMU du coin.

Toute toute première fois

Le souvenir de la toute première fois que nous avons fait l’amour est indélébile... (malheureusement pour certaines). Nous publions ici les témoignages des lectrices qui souhaitent partager leurs experiences. Par ailleurs, nous souhaitons vous remercier pour l’ engouement que vous témoignez à cette rubrique, qui visiblement répond à vos attentes. Si vous voulez que votre histoire soit publiée, nous vous invitons à nous l’adresser par mail.

Eliane, 39 ans.

Mon dieu... quel mauvais souvenir ! La première fois, c’était avec une Don Juane qui ne doutait pas d’elle. J’étais terrifiée. Je n’étais pas éprise d’elle, mais je m’étais accordé de faire l’amour avec quelqu’un dont je n’étais pas amoureuse pensant que je serais plus à l’aise. En somme, c’était une initiation et j’étais prête à être une disciple disciplinée.
L’idée que je n’avais encore jamais fait l’amour avec une femme la mettait dans un état d’excitation qui m’amusait presque. Je lui ai envoyé quelques signaux pas très discrets sur mon désir de passage à l’acte, elle n’a eu aucun mal à les décoder. C’était d’ailleurs le genre d’individu qui décodait tout selon un prisme très personnel.
Nous avons fait l’amour, je devrais dire : «baisé» au petit matin, après une nuit de séduction aussi inintéressante que superflue. J’avais beaucoup d’attentes de ce premier rapport.
Dans l’appartement prêté gentiment par ma belle-sœur en échange de la garde du chat, ça a démarré sur les chapeaux de roue. Bien que très androgyne, son déhanchement suggestif était digne d’une actrice porno : pas très naturel. Elle attaqua mon déshabillage avec, je dois le reconnaître, une dextérité qui ne faisait aucun doute sur son expérience. En quelques secondes, ma tenue fut transformée en un amas de fripes à mes pieds sans que j’eusse l’impression d’avoir collaboré.
Très vite, alors qu’on était debout, elle tournoyait autour de moi, m’embrassant ici et là selon une logique qu’elle était la seule à comprendre. Ses gestes étaient saccadés, désordonnés, comme si elle avait envie de me faire trente-six choses à la fois. Je restais inactive, risquant une caresse par-ci par-là, histoire de ne pas sembler inerte. Elle commença à me parler en me disant : «mets-toi comme-ci, mets-toi comme ça». Elle se voulait dominante mais moi, je la trouvais ridicule. Ses propos qu’elle imaginait érotiques, étaient simplement grossiers. Ce n’était pas l’idée que je m’étais faite d’un rapport avec une femme, je fantasmais sur une douceur et une sensualité extrêmes. Son agitation et son ton m’ont exaspérée à tel point que j’ai fini par dire stop ! Je voulais qu’on reprenne de zéro mais dans le calme. Je crois qu’elle me faisait peur. Ma demande l’a vexée, elle a remis son blouson, (elle n’avait rien enlevé d’autre) et s’est dirigée vers la porte en me disant qu’elle perdait son temps avec une débutante et que c’est la dernière fois qu’elle se retrouverait avec quelqu’un qui n’y connaissait rien .

Laure 24 ans,

La première fois que j’ai fait l’amour avec une femme, que j’ai fait l’amour tout court, c’était avec une fille qui le faisait pour la première fois aussi. On était dans le même bahut et on était très amoureuses l’une de l’autre. On ne mettait pas vraiment de mots dessus. Moi je savais que j’allais être lesbienne. Elle, ne s’en doutait pas.
Un soir en sortant du cinéma, on a décide d’aller boire un verre chez moi... enfin chez mes parents à l’époque, (depuis, ils sont en maison de retraite). Pendant le trajet, on n’arrêtait pas de se demander pourquoi on n’était pas attirées par les garçons, enfin moi pas trop, je les trouvais cons. Mais je lui disais qu’un jour on tomberait sur le bon garçon. Une fois à la maison, notre conversation et nos fous-rires nous ayant bien émoustillées, on s’est retrouvées comme des andouilles à ne pas savoir quoi dire. On était dans la cuisine pour ne pas réveiller les parents. Le silence devenait de plus en plus gênant, on osait pas se regarder. J’étais bien consciente que j’avais envie d’elle ... Elle m’a avoué plus tard qu’elle avait juste envie de se blottir dans mes bras. Bref, je finis par décider de l’embrasser. Je me disais au fond de moi : « au pire elle ne me parle plus, ce qui n’est pas très grave puisqu’on est pas franchement des copines de longue date». Quand je me suis penchée pour l’embrasser, elle a posé sa main sur ma bouche et a hoché la tête en signe de contestation. Elle m’a dit simplement dit : «je ne sais pas comment on fait». J’ai retiré sa main de ma bouche et je l’ai embrassée longuemen, puis j’ai dit : «on fait comme ça». Elle m’a dit qu’embrasser, ce n’est pas ce qui l’inquiétait, mais le reste...Vu que c’était la première fois pour elle comme pour moi, on a décidé d’explorer. On s’est caressées longuement et à chaque étape on réfléchissait à la suivante. J’avais très envie de me glisser entre ses jambes mais je ne savais pas si c’était ce qu’elle voulait et ne voulais pas non plus l’effaroucher. Une fois qu’on n’en pouvait plus d’excitation, on s’est allongées l’une à côté de l’autre et on a continué à se caresser jusqu’à l’orgasme qu’on a eu en même temps. On a recommencé plusieurs fois cette nuit-là et je crois que j’ai fait plus de choses cette première fois que depuis, avec d’autres femmes.

Marie 44 ans.
Elle était ma meilleure amie depuis sept ans. Nous étions mariées à deux garçons gentils et ni l’une ni l’autre n’avions d’enfant. Notre relation présentait un caractère passionné, on s’en accommodait comme on s’accommodait des crises de déprime quand l’une ou l’autre devait s’absenter quelques jours.
Elle me répétait inlassablement qu’elle me trouvait très belle et que mon mari ne me méritait pas. Il lui arrivait de poser sur moi un regard intense... Ça me plaisait.
Un jour, sur une terrasse de café, elle me complimenta sur mon apparence plus longtemps que d’habitude, en finissant par cette phrase que je ne suis pas prête d’oublier : «Tu me fais regretter de ne pas être un homme». Elle s’est éclipsée ensuite aux toilettes, me laissant pantoise devant cette déclaration.
A son retour, je ne sais quelle pulsion mystérieuse m’a fait dire : « Tu n’as pas besoin d’être un homme !» J’ai vu son trouble et aussi sa joie. Nous avons réglé l’addition et sommes montées dans ma voiture. Les portières à peine refermées, je me suis surprise à me jeter sur sa bouche et l’embrasser. Nous avons fait l’amour dans cet espace exigu qui camouflait à merveille nos éventuels maladresses. Nous avons eu un orgasme simultané.
Nous n’avons plus jamais reparlé de ce qui s’était passé et nous n’avons jamais recommencé. Moi, ça m’a permis de découvrir mon attirance pour les femmes. Elle est revenue naturellement vers son hétérosexualité.
Cela fait cinq ans maintenant... J’ai eu deux histoires avec des filles depuis, mais je n’ai jamais revécu l’intensité de cette première fois. Peut-être qu’un jour je la rappellerai pour récidiver.

Agnès Giard : le sexe bizarre

Vous avez consacré un ouvrage aux sexualités «atypiques». Existe-t-il un profil ou un point commun entre les personnes qui s’éloignent du modèle dominant ?
Non. Dans le sexe bizarre, on trouve une catcheuse américaine de 136 kilos qui marche en talons-aiguilles sur des hommes-carpettes, une boulangère parisienne qui rêve de se faire avaler par un crapaud géant, une dominatrice professionnelle hollandaise qui a transformé son mari en poupée Barbie plastifiée (voir photo), une journaliste japonaise qui se déguise en extra-terrestre vert pomme… Rien ne les unit, ni l’éducation, ni la culture, ni le niveau socio-professionnel. Aucune n’a subi de traumatisme particulier dans l’enfance.Ces femmes n’ont parfois même pas eu conscience de s’éloigner d’un modèle dominant !Leur seul point commun, à mon sens, c’est que toutes ont grandi avec des fantasmes pas très courants auxquels elles ont laissé libre cours, en refusant de se censurer. Simplement, elles ont vu que certains scénarios érotiques leur procuraient un plaisir incroyable et elles ont décidé d’explorer ce domaine comme un monde enchanté. Dans mon livre, il y a des femmes qui trouvent qu’un ballon rouge, c’est sexy : elles le gonflent et quand le ballon explose, elles explosent aussi. D’autres disent qu’un énorme pot de yaourt, c’est aphrodisiaque. D’autres appuient spasmodiquement sur la pédale d’accélérateur de leur voiture… parce que c’est érotique. J’ai voulu montrer dans le «Sexe Bizarre» que le monde entier est rempli d’érotisme et que chaque objet - même un aspirateur ! - peut devenir un objet de désir ou de séduction. Pour certaines personnes en tout cas.

Ces dernières années ont vu l’émergence d’une sexualité féminine médiatisée notamment par Despentes ou Millet : quel en a été le déclic ?
Je ne vois dans l’oeuvre de Catherine Millet que l’émergence d’un puritanisme rétrograde : la sexualité qu’elle montre est triste, mortellement ennuyeuse… tue-l’amour ! C’est du gâchis. Ce n’est pas parce qu’elle a beaucoup fait l’amour, dans des clubs échangistes ou des soirées privées, qu’elle a fait preuve de subversion et de liberté. Besogneuse, elle baise au compteur, elle met ses désirs à l’usine des rendements. C’est d’une pauvreté affligeante. Aucune joie dans cette sexualité compulsive, ni exaltation, ni féerie, ni appétit, ni imagination, ni bonheur de vivre. Elle ne donne pas envie. Si c’est ça la sexualité féminine, il n’y a plus qu’à se suicider !Pour moi, les artistes soi-disant subversives qui mettent en scène le dégoût de la chair sont aussi dangereuses et nocives que les intégristes. Peut-être même plus, parce qu’elles avancent masquées.Maintenant, pour en revenir à la question, je pense savoir pourquoi on assiste depuis six ans à la multiplication d’auto-fictions érotiques écrites par des femmes : ça fait vendre. C’est comme la télé-réalité : il y a du vrai sexe, des vrais gens, du vrai voyeurisme… Que demander de plus ? De l’esprit ?

Chez les lesbiennes, on est passé d’une sexualité totalement invisible à une autre, suraffichée. L’émergence du mouvement Queer a décomplexé l’échangisme, le SM et même les lesbiennes baiseuses de pédés. Pensez-vous que le sexe soit un moyen d’affirmation de soi, voire de militantisme pour l’égalité ?
Le sexe est devenu un terrain d’action, comme la musique. Il y a d’abord eu les balancements de pelvis scandaleux du rock à la Presley. Puis les looks androgynes-décadents de Bowie affichant sa bisexualité. Puis les tenues SM-fetish des punks qui tenaient leurs copines en laisse, pour dénoncer en la parodiant l’institution du mariage. Puis l’explosion du mouvement guérilla-girl avec des groupes aux noms explicites : Bikini Kill (massacre en bikini), Bratmobile (les petites putes au volant), Free Kittens (les minous en liberté), Babes in Toyland (Alice au pays des vibros)… Rachel Orviro, porte-parole du mouvement Riot-girl, proclame : « Se sentir bien parce qu’on est le centre de son propre univers, envoyer paître les conventions, s’habiller pour s’affirmer, s’amuser sans culpabilité : voilà les choses qui font de nous des filles, des vraies». La révolution, c’est aussi simple que ça : sexe, fun et rock’n roll. Tous les moyens sont bons ! Le sexe, la mode, la musique ou l’écriture. Tout, pourvu que ça soit brûlant, intense et jouissif. La mode, par exemple: rien de plus important que s’habiller comme on veut. Il peut sembler excessif (ou dérisoire, au choix) de dire qu’on se bat pour l’égalité des minorités sexuelles en portant un pantalon en vinyle ou un treillis. Et pourtant, c’est vrai : essayez de tenir tête à tous ceux qui vous insultent dans le métro ! Le fait-même de porter une mini-jupe est un combat, y compris contre ceux qui vous veulent du bien : «Pourquoi afficher ta sexualité ? Pourquoi mettre un collier de chien et un maquillage trop noir? C’est ta vie privée, ne la balance au visage des autres. Ou alors, tire les conséquences de tes actes et ne te plains pas de te faire agresser». On a longtemps justifié les viols ainsi. Pour reprendre les propos d’un ami très cher - Francis Dedobbeleer, qui organise des soirées-fétiches à Paris depuis sept ans : «Pourquoi les gens respectent-ils les prêtres en soutane et pas les travestis en tailleur ? » V.Jaime
Le Sexe Bizarre, pratiques érotiques d’aujourd’hui, de Agnès Giard, éd Cherche Midi. http://www.lesexebizarre.com

Lesbiennes : la rebellion par le sexe !

Invisibles dans la société, incomprises de leurs proches, craintes des pédés, terrifiantes pour les mâles hétéros... les lesbiennes en ont soupé de cette perception injuste et erronée, induite par le manque de visibilité. L’identité lesbienne, contrairement à celle des gays, ne repose pas sur leur sexualité et c’est sans doute une des raisons de cette discrétion. Lasses qu’on confonde pudeur et abstinence, elles se réapproprient leur corps en s’affichant, libres et sexuées, donnant du coude pour revenir aux premiers rangs de la visibilité.
Ces cinq dernières années ont été marquées par l’expression de la sexualité lesbienne : à travers l’art pictural, par la représentation du sexe féminin, et à travers la littérature érotique, passée de confidentielle à prolifique. Cette éclosion, portée essentiellement par le mouvement Queer, a permis l’émergence de pratiques sexuelles cachées auparavant: sado-masochisme, fist ou échangisme ont largement dépassé le cadre sexuel pour devenir aujourd’hui un lien social autour duquel des groupes se créent.
Mais le combat pour l’égalité hommes-femmes doit-il passer par une visibilité sexuelle égale dans les deux camps ? Thierry d’Allondans, sociologue, et Agnès Giard, journaliste spécialisée dans les contre-cultures, apportent des éléments de réponse :


Dans quelle mesure le fait d’afficher sa sexualité permet-il d’affirmer son identité ?Pas simple ta question ! Pour l’anthropologue, les identités sont multiples : l’homme est un être social, politique, sexuel, religieux, etc. Il va se distinguer par chacune de ses appartenances, de ses affiliations. La sexualité est, donc, une de ses composantes et pas la moindre puisqu’elle participe de son mode d’être au monde : « dis-moi comment tu aimes et je te dirai d’où tu viens ! » et de sa singularité : « dis-moi qui tu aimes et je te dirai qui tu es ! » Les sociétés traditionnelles connaissent assez souvent « l’affichage » – que tu évoques – de leurs diverses identités. Les maoris, par exemple, ont un tatouage facial, le moko, qui renseigne sur presque tout : le rang dans la lignée, les prestiges, la situation matrimoniale, le métier... Les sociétés modernes, elles, ont participé, surtout en matière de sexualité, d’une hypocrisie certaine. Il faut relire l’historien T. Zeldin lorsqu’il évoque, pèle-mêle, les bons pères de famille catholique faisant déniaiser leur fils par une prostituée avant le mariage (progéniture qui a souvent connu l’homosexualité dans des internats confessionnels qui honorent la mère de leur enfant) tout en lui cachant de fréquentes maîtresses… le tout en continuant à être des chantres de la morale la plus rétrograde ! Aujourd’hui, le besoin d’être reconnu pour ce que l’on est, devient presque plus important que le culte des apparences qui prévalait jusque-là. Or, nous sommes aussi dans une société où, pour le pire et le meilleur, je suis ce que je montre. À ce propos, l’interdiction du voile à l’école est un exemple de dérive : toutes les filles qui le portent ne sont évidemment pas des musulmanes intégristes ! Donc je me méfie de l’ostentation qui ne dit, au mieux, qu’à moitié ! Et puis, afficher sa sexualité (soupir)…faudra m’expliquer comment on fait... et avec quels codes admissibles par le plus grand nombre. Par contre, je comprends la nécessité des jeunes gays d’être acceptés dans leurs cercles d’élection. Et ça, dans des sociétés du paradoxe, ce n’est pas encore gagné !

Un groupe peut-il utiliser ses pratiques sexuelles comme un acte politique ?
Certainement, et cela ne date pas d’aujourd’hui ! Les féministes ont montré la voie, l’effervescence de la jeunesse en mai 68 aussi, les mouvements homosexuels assurément… La modernité a changé notre rapport au corps ; celui-ci est devenu plus privatif : « notre corps nous appartient ». Il est même pour certains le lieu d’inscription des signes d’identité (tatouages, piercings,…), pour d’autres encore l’œuvre de soi (body art). Les pratiques sexuelles s’inscrivent dans cette évolution : elles se dévoilent comme des manières d’être en société. C’est à ce titre qu’elles peuvent être un acte politique, au sens d’un choix de société, pour un individu ou un groupe d’individus. Mais, comme tout acte politique ou toute parole, ces pratiques sont par essence acceptables ou contestables.

Pourquoi la sexualité lesbienne a t-elle toujours été entourée de silence ?Heu... là, tout dépend à partir de quand tu estimes que s’installe le silence : Sapho est antérieure à Socrate ! Je ne suis pas un spécialiste des lesbiennes, mais je pense que, pour les derniers siècles, l’homosexualité des hommes comme des femmes était, un peu partout, répréhensible. Mais, dans des sociétés patrilinéaires où le pouvoir est aux hommes, l’homosexualité masculine représente un danger bien plus grand car elle met en péril l’ordre établi. Du coup, on entend plus les mecs mais on les pourchasse plus aussi ! N’oublions pas qu’au début du XXème siècle, l’homme, en France, a droit de vie ou de mort sur sa femme et ses enfants qui sont entièrement dépendants de lui et, en coût réel et symbolique, ne valent pas grand chose. Peut-être aussi qu’au niveau des fantasmes, dans ce contexte machiste, les rapports phalliques sont plus insupportables que les rapports saphiques.

4- L’émergence des sexualités «hard» chez les lesbiennes est-elle le résultat de cette invisibilité ?Là aussi, je ne suis pas un spécialiste de la question mais j’ai une conviction : non, si une sexualité « hard » apparaît chez les lesbiennes, ce n’est pas un effet de soupape ou de réaction à un silence ou une invisibilité du fait lesbien. Je pense plutôt qu’à tous les niveaux de notre société, les femmes sont en train de réaliser qu’elles peuvent beaucoup, dans des domaines réservés jusque-là aux hommes. La dernière enquête de l’INSERM sur l’âge moyen de l’entrée dans la sexualité montre qu’ en France, ces dix dernières années, les filles ont rattrapé leur retard et rejoint les garçons ! Tu rencontreras donc cette évolution chez des hétérosexuelles aussi ! On est ici dans les mêmes registres que la violence montante de filles qui trouvent là le seul moyen d’affirmer une identité aussi « respectable » que celle de bien des garçons !

Ces lesbiennes qui deviennent hétéros

Nous avons mis un an avant de pouvoir traiter ce sujet. La principale difficulté a été de trouver des témoignages et au bout de cette recherche, nous n’avons trouvé que quatre personnes qui sont passé du lesbianisme à l’hétérosexualité dont deux n’ont pas souhaité témoigner ! Mais pourquoi ce sujet me tient-il autant à cœur ? Je vous raconte :
Il y a deux ans, une copine, plus-goudou-tu-meurs, me confie qu’elle a craqué pour un mec. Sur le coup, je n’ y prête pas vraiment attention et lui dis qu’il y a beaucoup de femmes hétéros qui se découvrent une attirance pour les filles, alors pourquoi pas dans l’autre sens. Elle faisait partie de la même bande que moi. Encouragée par ma réaction , elle décide d’en faire part au reste de la bande, et là … le tollé ! Après une demie-heure de hurlements, (et croyez-moi, une douzaine de goudous contrariées, ça produit plus de décibels qu’une centaine de mioches dans une cour de récré) le lynchage en règle a commencé :
«- Tu files un mauvais coton, ça te passera.
- C’est pour faire l’intéressante, c’est ça ?
- Pour coucher avec un mec, il faudrait déjà qu’il sache que t’es une fille !...»
J’étais bien tentée de la soutenir mais je n’avais pas vraiment envie d’être passée à tabac ce soir-là. Je risquais de temps en temps un timide : « Mais qu’est-ce que ça peut vous foutre !». Mais, à chacune de mes incursions, douze paire d’yeux se tenaient prêts à me transpercer de leur laser haineux.


Roselyne - Nantes
Je vivais depuis quatre ans avec ma partenaire quand nous avons décidé d’avoir un enfant. Enfin…c’est elle qui a mis le sujet sur le tapis. Petit à petit, l’idée a fait son chemin dans nos têtes et ce qui était au début son projet est devenu « notre» projet . Nous avions autour de nous quelques couples de garçons, donc nous prenions tout notre temps pour choisir. Nous avons mis tellement de temps... que ma chère compagne a rencontré une autre femme et en est tombée amoureuse ! Après le drame de la rupture, les hectolitres de larmes et les éclats de voix, elle a fini par se barrer. Je me suis donc retrouvée seule, avec toujours cette envie qu’elle avait suscité d’avoir un enfant.
C’est à ce moment-là que je me suis mise à regarder mon collègue de bureau d’un oeil intéressé. Il n’y prêtait pas vraiment attention car je l’avais informé dès le premier assaut de drague que je ne mangeais pas de ce pain-là. J’ai commencé par le trouver sympa, puis intéressant, puis beau (ça a pris un peu plus de temps que le reste), puis désirable. En deux mots, je me suis mise à l’aimer. Tout s’est enchaîné très vite : week-ends amoureux, appart à deux, crédit revolving…
Sur notre première nuit d’amour, je ne m’étendrai pas, mais on ne s’imagine pas le trac que j’avais : je me demandais si j’allais m’y prendre comme il faut, me disais que ça allait faire bizarre de ne pas trouver une magnifique paire de seins sur le torse. Bref, ça s’est bien passé ! Finalement, les mecs, c’est d’une simplicité pour ces choses-là !
Et puis nous avons eu Thomas. Deux ans plus tard, nous sous sommes séparés. Cela fait trois mois que je suis célibataire mais croyez-moi, ce n’est pas du côté des filles que je regarde.

Lena , 29 ans, assistante médicale, Perpignan
A 15 ans, la plupart des filles de ma classe avaient déjà leurs règles… pas moi ! Je le vivais assez mal. Je ne comptais plus les nuits passées à me demander si j’étais une vraie fille, craignant de me réveiller un matin avec des poils sur les seins ou pire encore : une bite ! Mais ça, ce n’était qu’un aspect des choses. Ce qui me mettait mal à l’aise, c’était le fait que mes copines flirtaient avec les garçons et trouvaient ça super ! Moi, ça ne m’inspirait que du dégoût. J’ai décidé alors que le mieux dans mon cas était de « faire » lesbienne. En sortant avec une fille, je résolvais à peu près tous mes problèmes: si je deviens un garçon, je me trouve dans un cas d’hétérosexualité classique, par contre, si je deviens fille (pour ça, il faut avoir ses règles), je suis simplement lesbienne, ce qui me semblait alors moins dégoûtant que d’être obligée de se taper un mec. Finalement à 16 ans, j’ai eu mes règles, mais je n’avais toujours pas envie de flirter avec les garçons, alors je me suis choisie une fille, je l’ai draguée à l’ancienne (fleurs, poèmes, tatouage de son prénom sur mon bras ...), elle n’a pas résisté.
Pendant dix ans, je me perfectionnais en homosexualité sans états d’âme. A 25 ans, j’étais la seule lesbienne de ma bande. Les filles avec qui je m’entendais bien sortaient toutes avec des garçons. Je me suis mise alors à comparer mon couple aux couples hétéros... Et comme j’ai décidé une première fois d’être lesbienne, j’ai décidé cette fois-ci de devenir hétéro. J’ai réussi le rite de passage sans trop d’efforts. Mes copines hétéros n’en reviennent pas. Ma meilleure amie m’a confié récemment : «Il faut être maso pour sortir avec un mec quand on a la chance de pouvoir le faire avec une femme ».

Du désir et de l'admiration

Que trouve-t-on dans le baise-en-ville d’un couple durable? Les denrées du cul y cohabitent avec une denrée aussi rare qu’édifiante : l’admiration. Noble piment, ce sentiment consacrerait le danger et serait garant de l’équilibre parfait. L’autre m’échappe, je m’accroche (accepte donc cette bague qui symbolisera l’organisation disciplinaire de nos atomes crochus)
Pour relancer la libido dans un couple, si les déploiements fardesques font mouche, de la femme qui réplique les icônes en rafraîchissant l’objet de désir qu’elle se rêve, c’est parce qu’ils sont une menace! Antédiluvienne, la recette a fait ses preuves, désirer ce qui est admiré, mais….de quel désir parle-t-on?
Que dire des nécrophiles, coprophiles, homologues pervers polymorphes? Que dire de l’admiration ressentie par le fétichiste pour un lobe d’oreille extraordinaire? On voit que le désir se nourrit d’autres mets que ceux classifiés par la doxa.
«Présentez-moi quelqu’un à qui il manque une main ou autre chose, et qui a surmonté et magnifié son handicap, et me voilà traînée par les pieds par un désir aussi puissant qu’incompréhensible». Ces propos d’une femme, par ailleurs posée et raisonnable, nous laisse entrevoir à quel point le désir peut être faille, en partage avec l’admiration, mais en famille parmi les blessures.
En regard de l’admiration (dis-moi qui tu aimes, je te dirai qui tu es), le désir colle à notre histoire, à nos valeurs. Nous nous prédestinons à désirer. A l’aube d’une relation, la sélective admiration déclenche le désir alors que, projetant, elle croit voir. On admire ce qu’on n’a pas et on désire l’avoir. Les leviers de l’orgueil et de l’envie agissent. Mais on sait que ça ne dure pas.
Et si la déception suit l’admiration, la dynamique subtile est rompue. Dans le jeu des projections, la lumière ne circule plus. Un château de cartes s’écroule.
Ce polichinelle dans les miroirs, sublimé dans le travail, refoulé par la morale, exploité par les institutions religieuses et du reste par tout un chacun, le désir, manipulé, captif, rend bien des services. Il fidélise. J’admire Jésus-Christ entre tous. Aurais-je du désir pour lui s’il était vivant? Nonnes en cœur : c’est lui que nous allons rejoindre au ciel! Le désir est parfois détourné. Châtré, diabolisé, nié ou sali, le désir transforme sa formidable énergie en pulsion de destruction, alors que, victimes d’une stratégie de pouvoir, les humains se sentent dépossédés de leur corps et d’eux-mêmes. Diviser pour régner ne s’applique pas qu’aux groupes.
L’admiration reste un élément de poids dans la balance. Elle est le crédit que nous donnons à l’autre, notre gratitude sonnante et trébuchante.
Sec contexte pour le sexe, l’admiration excelle comme cache-misère de l’ennui. Car c’est avec l’ennui que le désir doit ferrailler pour braver les dommages du temps. Et si ce désir est par trop simple, n’inclinant pas même vers la fascination, émoi qui fait de nous des aveugles, il est voué à l’extinction.
Il faudrait impérativement que demeure dans l’objet du désir une inconnue, à défaut que cet objet soit, telle une ville aux labyrinthes inextricables, assez vaste à l’exploration. Malheur à qui se devine d’un seul coup d’oeil. Les couples durables sont peut-être composés de deux individus qui ne peuvent pas se voir.
dubachvalerie@free.fr

Let's talk about lesbian sex


Nous publions une série d’entretiens avec des femmes qui nous parlent de leur lien à leur corps : ce qu’elles aiment, ce qu’elle detestent, leurs plaisirs et leurs difficultés. Avec l’unique objectif de partager. Parler pour mieux se connaitre. Nos confidentes sont des lesbiennes d’âges différents, en couple ou célibataires, jeunes et moins jeunes. Nous débutons avec trois témoignages pudiques et sincères, immersion en douceur dans l’intimité des lesbiennes.

Entretien avec layla - 42 ans- Kinésithérapeute
Quelles sont vos zones érogènes ?
À part ce qui est évident… je dirai ma peau, d’une façon générale.
Vu que ça couvre tout votre corps, ça doit ouvrir des perspectives …
Ça ne veut pas dire que n’importe quelle partenaire peut me combler. J’ai la chance d’être avec une femme très intuitive, attentive et réceptive aux messages envoyés par ma peau. Rarement on avait autant compris le langage épidermique.
Avez-vous l’impression que l’intensité de votre plaisir sexuel augmente avec les années ?
Je ne sais pas si ça augmente, mais les sensations sont différentes. C’est la perpétuelle découverte. À chaque nouvelle expérience, de nouvelles sensations. L’exploration est infinie. Rien n’est figé, je peux être clitoridienne, vaginale ou les deux. Dans une expérience déjà vécue, la sensation peut aller plus loin et donc être nouvelle.
Que vous a-t-on déjà fait que vous n’avez pas aimé ?
Je n’aime pas la brutalité. Je ne déteste pas le rapport de force ou la domination mais la douleur physique ne m’apporte pas d’excitation … Bien au contraire ! Je n’aime pas non plus la monotonie, je me lasserais vite si j’étais avec quelqu’un qui fait tout le temps l’amour selon le même rituel.

Quelle est l’expérience qui vous a le plus marquée ?
Faire l’amour dans la forêt en pleine journée avec quelqu’un dont j’étais très amoureuse. J’ai ressenti quelque chose de très bestial … presque atavique. Le lieu, le risque de se faire surprendre, la crainte d’un voyeuriste planqué dans un arbre, le soleil … Un cocktail d’ingrédients qui m’a menée à l’explosion.

Qu’est ce que vous n’aimez pas qu’on vous demande ?
Encore une fois, la brutalité : faire un peu mal dans un jeu érotique, je conçois… mais le rapport de force est un subtil dosage, le moindre excès peut être contre-productif.

Pensez-vous que les femmes aient facilement accès à l’orgasme … et pensez-vous qu’on simule dans les couples lesbiens aussi ?
J’aime penser qu’entre femmes la communication résout tout ce qui peut entraver l’épanouissement sexuel. Mais dans nos sociétés, l’orgasme est considéré comme un aboutissement et s’il n’est pas là, ça reste inachevé. Je suis moi-même dans ce schéma même si je n’ai jamais simulé. Cette pression de jouir peut pousser certaines à faire semblant.
Est-ce que focaliser sur l’orgasme n’est pas la meilleure façon de ne pas l’atteindre ?
...ne pas l’atteindre et surtout passer à côté de sensations intenses. Je peux être littéralement transportée dans le massage. Sans être dans l’orgasme, je suis tout de même dans une bulle d’exultation.

Quels sont les fantasmes que vous souhaitez réaliser, et ceux que vous voulez garder tels quels ?
Je veux tellement les garder que je ne veux même pas les formuler. Ce que je sais en revanche, c’est que, aussi étonnant que ça puisse paraître, nombre de lesbiennes fantasment sur le rapport hétérosexuel et pas forcément celles qui en ont déjà eu. Comme ce n’est pas dans leur quotidien, ça devient presque une perversion. Ce n’est pas pour autant qu’elles passeraient à l’acte... c’est aussi banal que les femmes hétéros qui fantasment sur une relation saphique.

Laurie -27ans - bibiothécaire

Comment jouissez-vous?
En pensant à mon ex (rires)… non, comme tout le monde je pense.

Comment jouit tout le monde ?
Comme vous et moi ! Pourquoi cet air perplexe? Je pense que nous, les femmes, nous avons besoin d’être cajolées. Nous avons besoin de tendresse et d’amour. Nous ne jouissons pas d’une façon mécanique. Il y a un paquet de choses qui doivent se mettre en place avant d’atteindre l’orgasme: la confiance principalement. Faire l’amour suppose un abandon qu’on ne peut atteindre que si nous sommes rassurées sur les sentiments de l’autre.

Vous pensez que toutes les femmes ont besoin d’être amoureuses pour s’adonner au plaisir ?
Peut-être pas. Je veux juste spécifier que contrairement aux hommes, nous n’avons pas la jouissance mécanique. Une femme qui fait l’amour avec un homme le premier soir n’est pas amenée au lit par le même mécanisme. Je crois que les hommes peuvent faire l’impasse sur la séduction, pas les femmes. L’homme cherche à jouir par besoin, la femme par envie.

Vous êtes en train de creuser le fossé: les différences que vous mentionnez sont probablement culturelles et sociales et ne relèvent donc pas forcément de différences biologiques.
Je dirais que c’est parce que l’homme a besoin de baiser qu’il a mis en place des stratagèmes qui ont obligé la femme à se replier sur son intellect. Je reste persuadée que la femme est différente dans ses besoins. Non pas qu’elle rejette le plaisir, mais elle le sacralise probablement un peu plus.

Armelle, 34 ans, Orthodontiste
Si je vous dis « sexualité », qu’est-ce qui vous vient à l’esprit?
Trop de bruit pour rien. Je n’ai jamais compris la place démesurée qu’occupe la sexualité et ce, depuis toujours. Ce n’est pas le temps que nous passons à faire l’amour qui est trop long, mais le temps que nous mettons à disserter sur la sexualité que nous avons ou que nous n’avons pas.

Peut-être que c’est très important ?
Respirer, c’est important, c’est même vital. On ne voit pourtant pas d’affiches 4X3 montrant quelqu’un qui respire pour vendre un yaourt écrémé ou un parfum.

La respiration, tout le monde y a accès, pas le sexe..
La respiration, tout le monde en a besoin... le sexe pas forcément.

On parle beaucoup de sexe et peu de sexualité féminine…
Le bon fonctionnement de la sexualité féminine repose beaucoup sur le non-dit. Nous ne ressentons pas le besoin de discourir sur quelque chose qui se vit, se ressent. Dans une relation amoureuse, le sexe se substitue ou s’ajoute à la parole. Je veux dire que c’est un moyen d’exprimer ses sentiments et son désir .
Peut-être que la parole a son importance, particulièrement pour celles qui ont des difficultés avec le plaisir.
Même si je n’ai pas de problème avec ça, je connais plein de filles qui rencontrent des difficultés. L’homme est passé outre l’épanouissement de la femme, orgasme compris. Quand on réfléchit pendant des siècles si la femme a le droit de voter ou de travailler, il n’est pas étonnant que pour les questions de plaisir, il faille deux ou trois éternités...
Encore la diabolisation de l’homme?
Non, encore les faits ! L’asservissement de la femme par l’homme n’est pas une affabulation. On a commencé par se demander si la femme était un être humain il y a des siècles et on en est à des lois sur la parité .
Je voulais parler sexualité et on parle féminisme…
La sexualité de la femme est liée à sa condition. Se sentir libre et respectée aide pour une paix avec son corps. La femme ne dispose de son corps que depuis les années 70. Jusqu’alors, les femmes qui osaient avoir envie de jouir étaient des salopes. Personnellement, c’est une femme qui m’a enseigné le plaisir. Avant Pascale, j’étais avec des hommes avec qui je ne jouissais que très occasionnellement et je trouvais ça normal ! Quand j’avais un orgasme, je le dissimulais, alors que je simulais quand je n’en avais pas. Je craignais d’être trop démonstrative et de passer à leurs yeux pour une traînée. Vous voyez, cette culpabilité, ce ne sont pas les femmes qui l’ont mise en place, mais bien les hommes. Non, j’insiste, je pense que si beaucoup de femmes ont du mal avec leur corps, c’est parce qu’elles pensent qu’il ne leur appartient pas.
Et comment retrouver le chemin du plaisir ?
L’épanouissement personnel, la clé est là! Il ne faut pas attendre qu’on vienne vous délivrer. Les femmes doivent se réconcilier avec leur corps; apprendre à l’aimer, à le toucher. Les massages entre autres aident à prendre conscience du corps et du plaisir et puis le combat de la femme doit se transcender un peu. Je rêve de nous voir plus virulentes pour défendre nos droits et de cesser une bonne fois pour toutes de nous contenter des miettes qu’on nous jette par-ci par-là.

A deux ma concubine : comment la reconquérir


Votre couple s’engourdit, le confort a peu à peu remplacé l’ardeur. Vous êtes tellement bien avec elle que vous ne pensez même pas à le lui dire…Réagissez ! Brûlez vos charentaises ! Voici quelques conseils (testés par nos lectrices) pour que la passion retrouve son incandescence.

Règle n° 1 : Être attentive.
La téloche : évitez de vous avachir sur le canap’ avant d’avoir consacré au moins une demi-heure à votre partenaire. Prenez de ses nouvelles, serrez-la dans vos bras, et dites-lui qu’elle vous a manqué (si c’est le cas bien sûr !). Si vous tenez quand même à ne pas rater votre feuilleton à la con (c’est elle qui le dit), préparez un bain de pieds aux huiles essentielles pour qu’elle se relaxe à vos côtés.
Les repas : c’est un moment privilégié pour cultiver l’intimité et choisir la tonalité de la soirée. Ne le gâchez pas en laissant votre portable allumé.
Soignez l’atmosphère au moins une fois par semaine : bougies, jolie nappe… Dénichez parmi vos disques une musique sensuelle de derrière les fagots.
Évitez de mettre de la coriandre dans tous les plats puisque ça fait vingt fois qu’elle vous dit qu’elle a horreur de ça.
Attention au bruit de la fourchette sur les dents … pas très agréable.
Le plateau-télé : c’est la façon de le préparer qui différencie une soirée cocooning d’une soirée Bidochon. Optez pour une salade thaï, un korma de légumes ou des dim sum, ça changera de l’éternelle quiche au thon que vous lui faites toutes les 48 heures depuis qu’elle a eu le malheur de vous dire la première fois qu’elle s’est régalée.
Le look : renoncez à votre Tee-shirt vert avec le nain de jardin dessus, même s’il est très confortable et qu’il a une valeur sen-ti-men-ta-leuuu. Si elle vous dit : « ce truc ne te met pas en valeur », comprenez : « t’as l’air d’un sac là-dedans, t’es pas désirable ! »
Stop à la culotte grise ou au string effiloché, tant que vous n’aurez pas appris à trier le linge avant le lavage, cantonnez-vous au noir et au rouge.

Regle n°2 : Innovez !
Aucune reconquête n’est possible sans rompre avec les habitudes !
Faites quelque chose que vous refusez de faire d’habitude : l’accompagner à une brocante, dîner avec son ex (en sa présence bien sûr !), écouter son disque préféré même si ça vous saoule.
Surprenez - la avec un talent qu’elle ne vous connaît pas. Faites un stage express de réflexologie et épatez- la avec votre capacité à capter et faire circuler les fluides.
Faites-lui un repas tibétain ou envoyez-lui par courrier, une photo de vous-deux-au-début, même si vous habitez ensemble.
Le sexe : vous n’avez pas besoin d’être 3eme dan de Kama-sutra pour innover. Il suffit d’arrêter de faire tout le temps la même chose. Si vous ne voulez pas renoncer à votre position favorite, améliorez-la, concentrez-vous sur les préliminaires. Soit vous faites autrement, soit vous faites ailleurs. Rappelez-vous la dernière fois que vous avez fait l’amour ailleurs que dans un lit, c’était quand vous avez fêté votre premier anniversaire !
Si cette méthode ne porte pas ses fruits, prenez une maîtresse et surtout… bouclez-là !

Magazine Lesbien

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